Pitchfork Music Festival

QUI a dit qu’à ASC, notre amour de la musique se limitait aux boites à rythmes, platines et autres Ableton Live? 

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En ce jour morose de la Toussaint, quoi de mieux à faire que d’aller au Pitchfork Music Festival? Lancé en 2011 par le célèbre journal américain de musique en ligne Pitchfork, cet événement annuel a su devenir incontournable dans la capitale par sa capacité à rassembler, grâce à sa programmation pointue, des mélomanes de tous les horizons. L’année dernière, ils étaient près de 15.000. Cette année ASC s’y est rendu pour vous!

Le Pitchfork Music Festival, ou P4K pour les intimes se déroule en réalité sur 5 jours… dans plus de 9 endroits différents. Tout d’abord, le mardi et le mercredi, de 17h à 00h avait lieu dans plusieurs salles parisiennes le P4K Avant-Garde. Se produisaient de jeunes artistes à suivre de très près. Au programme: musique indé entre psyché, pop, et techno. Cependant, le festival en lui même commençait vraiment le jeudi 1er novembre. Ce jour là, le line-up sera rock: New Optimism, Cola Boyy, Rolling Blackouts Coastal Fever, Yellow days, John Maus, Etienne Daho, The Voidz et Mac Demarco.

Niveau musique, c’est du sérieux: 2 scènes en alternance de part et d’autre de la salle, soit pas plus de 5mn entre chaque concerts. C’est aussi la force du P4K: les concerts ne se chevauchent jamais, ce qui a deux avantages: vous n’aurez pas à devoir choisir entre deux super artistes qui joueraient en même temps, et vous pourrez écouter chaque concert en entier, sans devoir partir au milieu pour ne pas rater le suivant. Si néanmoins vous voulez vous reposer les oreilles, le festival est aussi l’occasion de mettre à l’honneur l’art sous toutes ses formes: disquaires, design, photographie, peinture, mode, tatouages,… Au total, c’est près de 40 stands à chiner! Pour ce qui est de l’espace chill extérieur, ou retrouvera les traditionnels stands de food, bars mais aussi un château gonflable Viceland (?).  À l’intérieur, ce sera plutôt bar à vin avec vue sur la scène et espace Greenroom, avec ses balançoires et ses jeux concours.

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Rolling Blackouts Coastal Fever en pleine action

18h45: On rate Cola Boyy, l’une des bonnes découvertes pop de l’année, mais on arrive à temps pour Rolling Blackouts Coastal Fever. Le groupe australien au nom dur à retenir joue du rock-indie dont les guitares, noyés dans la reverb commencent à réchauffer un public encore timide. Ce qui ressort de ce premier concert, c’est l’attention qui à été portée sur les balances et les réglages sonores, trop souvent négligés en festival.

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Espace Chill-Out

19h30: On bascule vers la deuxième scène et c’est au tour de Yellow days. Le petit frère artistique de Mac Demarco (que l’on retrouvera plus tard dans la soirée) est fidèle à lui même: charismatique (malgré une coiffure des plus douteuses). Il dirige avec brio son groupe d’ado avec sa voix profonde et ses mélodies surfs mais aux tempos souvent (trop?) langoureux (on a cru voir le batteur s’endormir). On le laisse finir sur une chanson qu’il a composée « un     soir, défoncé, en pensant à cette fille qui est partie » et qu’il dédicace « À tous les losers fumeur de   weed.» C’est beau.

 20h10: ASC étant parti manger durant John Maus, on peut dire, avec beaucoup de mauvaise foi, que même l’artiste est talentueux, on a l’impression d’assister à un karaoké Joy Division, tant le chanteur est seul sur scène, et tant son attitude survoltée ne colle pas avec sa musique froide et minimaliste. On en profite pour déambuler entres les stands. 

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Etienne Daho reprenant « Arnold Layne » des Pink Floyd

21h10: Les choses sérieuses commencent: place à Etienne Daho. Du haut de ses 62 ans, il est résolument rock. Ça commence à jouer fort. Le papa de la French pop à l’air de beaucoup plaire à une bande d’anglais déchainé derrière nous, pour qui la barrière de la langue n’a pas l’air d’être un problème. Mention spéciale pour le bel hommage rendu à Syd Barrett, le premier chanteur des Pink Floyd..

22h15: La tension est palpable dans la salle: The Voidz arrive. C’est leur présence, très rare (seule date française de la tournée), qui justifie à elle seule notre présence au P4K. Julian Casablancas, flamboyant leader des Strokes et sauveur du rock dans les années 2000; a décidé, après plusieurs albums solo et une brillante collaboration avec les Daft Punk sur le mélancolique Instant Crush; de repartir de zéro avec un nouveau groupe. Cette année The Voidz sortait son deuxième album. Leurs concerts anarchiques, saturées et dissonant fond beaucoup parler d’eux, d’autant plus que les 6 membres du groupe sont réputés pour jouer à un volume sonore totalement indécent.

…Verdict ? Ils ont joué moins fort que prévu, un peu moins longtemps aussi, mais le concert était nerveux, d’une grande intensité et finira en pogo général sur l’évocateur Pyramid of Bones. (J’ai vu un gars sortir la tête en sang sans déconner)

 

23h20: On prend une pause bien méritée et on assiste tranquillement au dernier concert de la soirée. Mac Demarco a décidé d’inviter tous ses potes (près de 30 personnes) à s’asseoir sur scène pour siroter des bières (sympa) et le concert devient vite une kermesse géante, entre blagues potaches et reprises punk. Sa pop estivale réjouissante fait l’unanimité, même si on passe la fin du concert à aider un anglais ivre-mort à récupérer son téléphone coincé sous une marche d’escalier, sans succès. Sur le coup de 00h30, les noctambules pourront assister aux after partys, à deux pas de la grande Halle, jusqu’au petit matin. 

00h30: Notre aventure à la P4K se termine. À l’année prochaine ?

Nous, on a adoré la salle, l’ambiance, la programmation bien sûr. Mais, le petit bémol de la soirée est globalement le prix. Le pass journée est à 50€ et à notre grande déception, ne donne accès ni au before, ni à l’after. Malgré cela, les prix restent cohérent pour un événement qui se veut éclectique et justifiés par une offre de qualité.

  • Au programme du vendredi pop: 

Boy Pablo, Tirzah, Dream Life, Lewis OfMan, Car Seat Headrest, Chromeo, Bagarre, CHVRCHES, Blood Orange, Kaytranada. 

  • Au programme du samedi électro (17h30-6h00):

Michael Rault, Muddy Monk, Snail Mail, Stephen Malkmus & the Jicks, Unknown Mortal Orchestra, Bon Iver, Jeremy Underground, DJ Koze, Peggy Gou, Avalon Emerson, closing: Daniel Avery. 

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Hippolyte Caston